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Mémoires de la guerre d’Algérie : avancer ensemble

Des classes de 3e des collèges Triolet et Michelet travaillent sur la guerre d’Algérie avec des témoins, des associations et le cinéaste Ferhat Mouhali.

Dans le cadre des programmes d’histoire de 3e sur la décolonisation, des enseignants des collèges Triolet et Michelet ont décidé de travailler ensemble sur les mémoires de la guerre d’Algérie.

« Nous avons déposé notre projet à la Métropole, explique Julie Guignard, enseignante à Triolet, et nous nous sommes rapprochés de l’ONaCVG (Office national des combattants et victimes de guerre), qui nous ont proposé une expo sur la guerre d’Algérie. Les élèves de Michelet ont été aux Archives départementales du Rhône et à la prison Montluc et les nôtres, grâce à l’association Coup de soleil, ont pu voir au cinéma Gérard-Philipe le film Ne nous racontez plus d’histoires de Ferhat Mouhali. Ils ont ensuite discuté avec lui. Nous allons également recevoir dans nos classes quatre témoins, qui veulent nous montrer comment on peut concilier les mémoires. »

Depuis 15 ans qu’elle travaille sur le plateau des Minguettes, Julie Guignard a bien compris que la guerre d’Algérie était un sujet familial et qu’il fallait en parler en classe. « Nos élèves ont découvert qu’il existait un autre mouvement que le FLN, le MNA. Que des violences avaient été commises par tous les camps. Ils ont fait également un travail sur les harkis, les porteurs de valises et tous ces Français qui ont pris position pour la libération de l’Algérie, tels Sartre et Beauvoir. Je remercie Marine Sans, la nouvelle directrice du cinéma, qui nous a donné un sacré coup de main pour la rencontre avec le réalisateur, la mairie qui a financé son hôtel et la Métropole qui nous a aussi beaucoup aidés. »

« Il n’existe pas une seule histoire »

Ce 12 mai, les élèves de Triolet avaient donc l’occasion de rencontrer Ferhat Mouhali. « Je suis né et j’ai grandi en Algérie et je suis arrivé en France en 2014. Carole Filiu Mouhali, ma femme, qui est journaliste, est née et a grandi en France. Par rapport à cette guerre, chacun a reçu son histoire séparée. J’ai ainsi appris que tous les Algériens s’étaient levés d’un coup et avaient sorti tous les Français. Le monde était en noir et blanc, avec les bons et les méchants. Fille de pieds-noirs, Carole a entendu parler d’un paradis perdu. Il n’existe pas une seule histoire ! »

Décidé à s’ouvrir au dialogue, Ferhat savait dès le début qu’il s’attaquait à « des questions très complexes, avec des bons et des méchants dans chaque camp ». Il a expliqué aux collégiens qu’il fallait « avancer ensemble » et, surtout, « ne pas rester dans la haine ».

S’appuyant également sur l’association Devoir de mémoires, Julie Guignard aimerait poursuivre ce travail, l’étendre au lycée Jacques-Brel et faire venir un auteur de bédé qui dessine et écrive avec les jeunes une histoire sur ce sujet.

 

Le film Ne nous racontez plus d’histoires est projeté ce 12 mai à 19 heures au cinéma Gérard-Philipe, en présence du réalisateur Ferhat Mouhali. Soirée organisée avec l’association Devoir de mémoires et réconciliation.

 

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