Mercredi 2 mars, le rassemblement de solidarité en faveur de Veninov a été bousculé pour une nouvelle aussi importante qu’inattendue : selon un mail arrivé quelques heures plus tôt à Veninov, le groupe Alkor-Venilia, auquel appartient l’usine vénissiane, a été racheté par Windhager, un groupe autrichien. Ses dirigeants assurent aussi avoir pris toutes les dispositions pour que les salaires de février soient versés dans les plus brefs délais et pour que les trois usines européennes d’Alkor-Venilia reprennent au plus vite leurs productions.
Les nouveaux propriétaires évoquent également un “processus de restructuration”, qui devrait aboutir à un “repositionnement de l’entreprise”. “Nous n’avons pas plus d’information, indique Stéphane Navarro, délégué syndical CGT, joint ce jeudi par téléphone. Le représentant d’Alkor-Venilia devait venir mardi 8 mars mais nous ne sommes plus sûrs de rien… Malgré tout, c’est une bonne nouvelle. Nous avons envie d’y croire.”
Le rachat du groupe propriétaire de Veninov constitue un nouveau rebondissement capital dans l’histoire des anciens établissements Maréchal, installés depuis 1874 à Vénissieux. “Cette entreprise fait partie du patrimoine de la ville, rappelait lors du rassemblement Michèle Picard, maire de Vénissieux. Ses 90 salariés ont fait des heures supplémentaires l’été dernier pour constituer un stock d’une valeur de 22 millions d’euros, qui leur a été spolié depuis. Les salariés sont laissés dans l’ignorance ; sans la mobilisation du comité de soutien, je suis persuadée que l’entreprise aurait fermé dans l’indifférence générale.” “C’est une entreprise qui marche, que l’on fait crever, a affirmé pour sa part le député du Rhône André Gerin. Mais le problème va au-delà de Veninov. Il faut arrêter la casse industrielle de notre pays, de notre savoir-faire.”
Quelque 200 personnes ont participé à ce rassemblement de soutien, dont de nombreux salariés des entreprises voisines. Mardi 8 mars, André Gerin et Michèle Picard devraient être reçus à la préfecture pour évoquer ce dossier. “Mais pas question de nous y rendre sans les organisations syndicales”, ont déjà prévenu les élus.
La vieille usine de la rue Eugène-Maréchal est désaffectée depuis novembre 2016. En attendant une réhabilitation, ses murs ont pris des couleurs. À deux...